« En prescrivant ce programme d’animations informatiques des processus de l’économie physique, j’évite les erreurs habituelles de la modélisation de l’économie, en prenant comme référence l’approche de Jean Kepler dans sa découverte du principe de gravitation universelle.
« Les cartographies de données réelles les plus significatives sont celles qui, comme celle que Kepler réalisa méticuleusement en corrigeant les tableaux de données légués par Tycho Brahe, montrent les caractéristiques d’une fonction transcendantale, dans ce cas, l’orbite de la Terre et de Mars autour du Soleil. De telles caractéristiques dans les relations entre ces données historiques, quand l’évidence en témoigne, sont d’une importance cruciale. Elles trahissent la présence d’un principe d’action transcendantal. Les caractéristiques qui montrent des changements pour le meilleur ou pour le pire dans l’ensemble des principes qui opèrent pour déterminer la trajectoire économique réelle sont remarquables. Ce sont ces caractéristiques "non-linéaires" qui, quand elles se produisent, se trouvent être les causes les plus significatives à prendre en considération.
« J’explique ce problème crucial du choix de la méthode utilisée pour réaliser des animations informatiques. La méthode de Kepler, comme celle que j’emploie, coïncide avec les objectifs de l’approche de Bernard Riemann à développer une physique mathématique d’hypergéométrie, dans laquelle aucun "a priori", aucune supposition, comme ceux de la géométrie euclidienne ou des mathématiques cartésiennes, ne sont permis. Dans cette approche, nous autorisons la nature à nous enseigner les principes de l’univers, plutôt que de rechercher, comme Euclide le fit, à imposer par avance un ensemble de définitions, d’axiomes et de postulats arbitraires.
« Dans la chronophotographie utilisée en biologie, nous autorisons les processus vivants à nous révéler l’expression caractéristique de leur attitude, tout comme Kepler autorisa le système solaire à révéler le principe physique universel que nous appelons gravitation. Ainsi, dans les processus économiques de la vie réelle, si nous prenons un nombre adéquat de facteurs apparents en considération, comme Kepler utilisa les alignements périodiques de Mars, la Terre et le Soleil, ces données animées, ainsi représentées, nous montreront comment ce processus complexe agit, et pourra peut-être nous aider, entre autres choses, à reconnaître les carhtactéristiques de principe de l’interaction de la combinaison du non-vivant, du vivant, et des processus mentaux humains qui interagissent dans les limites des caractéristiques physico-économiques d’un processus social ».
– Lyndon LaRouche, Le déficit comme gain en capital : Comment capitaliser une reprise économique, le 19 décembre 2005.
Vue d’ensemble
Nous mettant face à la seconde inégalité, la Partie III est le début de la science physique moderne. Le processus qui avait guidé Kepler dans la Partie II, avec la preuve de l’impossibilité de l’équant, porte enfin ici ses fruits physique.
Il peut sembler surprenant de voir Kepler annoncer qu’il y a un équant dans la théorie de la Terre, alors qu’il vient juste de réfuter son existence dans la Partie II. Il faut savoir comment Ptolémée, Copernic et Brahe traitaient le problème du mouvement de la Terre ou du Soleil. Ptolémée donne un équant à chaque planète, sauf au Soleil : celui-ci bouge à une vitesse uniforme, sur un épicycle. Copernic, successeur de Ptolémée, fait se déplacer la Terre à vitesse uniforme, sans le double épicycle qu’il impose aux autres planètes. Brahe utilise, comme Ptolémée, un Soleil libre de tout équant. En outre, si tu cherches la Terre dans les tables de Copernic, tu ne la trouveras pas ! Bien qu’elle soit sensée se déplacer, Copernic nous décrit simplement le mouvement du Soleil dans le ciel, sans parler des causes du mouvement de la Terre.
Contre ce traitement privilégié de la Terre, Kepler nous offre donc la Partie III. Dans le chapitre 22, il commence par démontrer à partir des observations que l’orbite terrestre n’est pas centrée sur son point de mouvement uniforme (ce qui signifie qu’elle ne se déplace pas simplement sur un excentrique). Le chapitre 23 indique qu’en fait la Terre a une excentricité bissectée, tout comme Mars et les autres planètes. Pour le démontrer clairement, Kepler fait quelque chose d’unique dans le chapitre 24 : il regarde la Terre depuis la planète Mars. Puisqu’il est difficile de regarder la Terre pendant que nous sommes dessus, Kepler utilise le mouvement Terre-Soleil-Mars pour définir clairement la trajectoire terrestre. Il en arrive à la conclusion que le centre du mouvement de la Terre est le point médian entre le vrai Soleil et le point de mouvement uniforme. Ainsi, la Terre a elle aussi une excentricité bissectée. Dans les chapitres 25, 26 et 27, il détermine sans a priori l’excentricité et la direction de l’aphélie de la Terre, et confirme ces valeurs dans le chapitre 28. Il développe ensuite une méthode pour déterminer les distances, et présente une table des distances Terre-Soleil dans le chapitre 30, formant ainsi une orbite ovale. Certes, certains pourraient objecter à Kepler que les anciens modèles à excentricité simple donnaient des tables d’équation correctes, et que changer le modèle chamboule les équations. Dans le chapitre 31, Kepler élimine cette objection.
Mais Kepler n’avait-il pas déterminé que l’équant est une fraude ? Ecoutons-le expliquer pourquoi il continue à l’utiliser (chapitre 32) :
« [Que le lecteur] sache d’abord que dans cette forme construite par toute l’hypothèse Ptoléméenne, l’excentricité sera de n’importe quelle grandeur, que la rapidité au périhélie et la lenteur à l’aphélie sont proportionnées le plus possible aux lignes menées du centre du monde vers la planète. » (Kepler, La Nouvelle astronomie, page 211, paragraphe 3)
Qu’est-ce qui cause le changement de vitesse ?
« Vu que cet axiome est très usité parmi l’universelle philosophie naturelle : de deux choses qui reçoivent ensemble leurs dimensions, les mêmes partout, et qui sont faites de la même façon, l’une est la cause de l’autre, ou les deux sont l’effet de la même cause ; comme ici l’augmentation et l’affaiblissement coïncident sans interruption, en rapport avec l’approche et l’éloignement du centre du monde, c’est pourquoi, ou bien cet affaiblissement sera la cause de l’éloignement de l’astre du centre du monde, ou bien l’éloignement de l’affaiblissement, ou bien il y aura quelque cause commune aux deux ». (page 215, paragraphe 2)
Après avoir noté que la lumière a certaines caractéristiques similaires à cette force qui est la cause du mouvement des planètes, Kepler élimine l’hypothèse que c’est la lumière qui est l’agent direct de ces mouvements.
« Il en résulte donc que, de même que la lumière éclairant toutes les choses terrestres est l’apparence immatérielle de son feu qui se trouve dans le corps du Soleil, ainsi cette vertu portant les corps enlacés des planètes, est faite de l’apparence immatérielle de sa force qui réside dans le Soleil même, de vigueur inestimable, et à ce point que le premier mouvement du monde entier fut produit par elle ». (page 218, paragraphe 4)
Il considère alors le magnétisme :
« Puisque la Terre même est un certain grand aimant, ce qui a été démontré par l’Anglais Guillaume Gilbert (…). C’est pourquoi il est plausible que, puisque la Terre meut la Lune par l’apparence et qu’elle est un corps magnétique, le Soleil meuve semblablement les planètes par l’apparence émise ; et ainsi le Soleil est semblablement un corps magnétique ». (page 225, paragraphe 2)
Dans le chapitre 37, il écrit que la Terre possède une force « retenant la Lune, (…) comme une certaine chaîne, qui existerait même si la Lune ne tournait pas autour de la Terre » (page 234, paragraphe 2). Après pris en compte la possibilité de mouvements propres à chaque planète au chapitre 38, et de la difficulté qu’elles rencontreraient à vouloir se déplacer en suivant un cercle parfait (chapitre 39), Kepler applique son principe de gravitation dans la détermination du mouvement de la planète Terre.
Dans les profondeurs du chapitre 40, il développe une technique pour appliquer son principe physique, partout différent, à l’orbite de la planète. Il développe l’idée de l’aire comme mesure du temps de mouvement.
Nous terminerons la Partie III par un résumé des différentes anomalies et une comparaison d’un mouvement généré par un équant et un mouvement déterminé par des aires de temps.
Animations
Chapitre 22 – L’équant n’est pas le centre de la Terre
Chapitre 23 – Bissecter une excentricité
Chapitre 24 – Regardons la Terre depuis Mars, mais sans quitter la Terre !
Chapitre 30 – Le mouvement ovale
Chapitre 37 – Le diamètre de puissance
Chapitre 38 – Vis insita
Chapitre 39 – La difficulté d’approcher la géométrie par la physique
Chapitre 40 – Mesurer les aires


